Mais l’Éternel Dieu appela l’homme, et lui dit : où es-tu ?

Il répondit : j’ai entendu ta voix dans le jardin, et j’ai eu peur parce que je suis nu, et je me suis caché.

Et l’Éternel Dieu dit : qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ?

L’homme répondit : La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé.

Et l’Éternel Dieu dit à la femme : pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a séduite, et j’en ai mangé.

L’Éternel Dieu dit au serpent : puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie.

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon.

Genèse 3 :9-15

Quelques réflexions …

Sur le « où es-tu ? »

Bien sûr, beaucoup d’auteurs, beaucoup d’églises, beaucoup de prières, de cantiques, de psaumes, … font état d’un Dieu tout-puissant et omniscient.

Mais l’idée d’un tel Dieu n’est pas une idée hébraïque, c’est une idée grecque. Dans ce texte, par exemple, Dieu ne sait pas qu’Adam va désobéir, il ne sait même pas où il est, ce qui amène son interrogation « où es-tu ? ».

Souvent, les textes hébraïques anciens montrent un Dieu protecteur, parfois avec une image presque maternelle : « […] j’ai appris à marcher à Éphraïm (Israël) en le tenant par les bras […] Je l’ai guidé avec douceur […] j’étais pour lui comme quelqu’un qui soulève son petit enfant tout contre sa joue. » (Osée 11 :3)

On peut aussi citer un des 99 noms que le Coran attribue à Dieu : le Maternant !

Sur la malédiction

Clairement, quand on lit le texte attentivement, il n’est pas question de malédiction adressée à l’homme et à la femme. Dieu maudit le serpent puis, un peu plus loin, le sol : « le sol sera maudit à cause de toi ». Alors, où se trouve dans la Bible la justification de la doctrine du péché originel, qui aurait été commis par les premiers humains ?

Si je devais prêcher sur ce texte …

La bonne nouvelle, ici, est simple : le péché originel n’existe pas ! C’est une invention malheureuse, au IVe siècle, d’Augustin (« Saint-Augustin »), évêque d’Hippone, ancien manichéen obsédé par le péché.