Retour TéléchargerProphètes et prophétesses ...
Pour être tenu au courant des publications sur ce site, cliquez ici...
Les prophètes ne sont pas des devins qui annoncent l’avenir, mais des personnages inspirés par Dieu, qui disent leur relation à Dieu et qui racontent ce qu’à leur idée Dieu leur a confié. On a beaucoup dit – et certains disent encore – que les prophètes de l’Ancien Testament annonçaient Jésus (plusieurs siècles à l’avance !), et même l’avenir de l’humanité, la fin du monde, etc. En fait, ils – ou elles, car il y a eu aussi des prophétesses – utilisaient le langage et les images de leur temps pour faire comprendre le message qu’ils voulaient transmettre, et il faut en tenir compte si l’on veut être saisi ou instruit par les textes d’Ésaïe ou Jérémie..
Dialogues G.R. : je vais vous faire une prophétie : les prophètes se trompent toujours ! G.S. : attention, un prophète dans la Bible n’est pas une Madame Soleil qui dit l’avenir, mais un prédicateur qui annonce la Parole de Dieu à ses contemporains (ce dont ils pouvaient bien faire leur profit évidemment, ainsi que les lecteurs des siècles futurs). Dans la Bible, il est impossible – et interdit – de « dire l’avenir », car ce n’est pas Dieu qui l’organise comme le croient les musulmans, ce sont les hommes, dans leur souveraine liberté d’enfants de Dieu. G.R. : mais Dieu n’est-il pas agacé de voir des prophéties – ou plutôt des prédictions, pour tenir compte de ce que vous venez de dire – de voir des prédictions se tromper des quantités de fois dans la Bible ? G.S. : pardonnez ce vocabulaire : Dieu rigole de toute personne qui prétend connaître l’avenir. G.R. : y a-t-il des prophétesses ? On voit qu’aujourd’hui, il y a des femmes parmi les prédicateurs protestants (un tiers environ), mais y a-t-il, ou y a-t-il eu, des prophétesses ? G.S. : dans le judaïsme et le christianisme il y en a eu : Exode 15 :20 : Marie la prophétesse, soeur d’Aaron. Juges 4 :4 : Déborah la prophétesse était juge en Israël. 2 Rois 22 :14 : Hulda la prophétesse (également nommée en 2 Chroniques 34 :22). Néhémie 6 :14 : « Souviens-toi de Noadia la prophétesse ». Ésaïe 8 :3 : « Je m’approchai de la prophétesse » (mais là, il s’agit peut-être de l’épouse du prophète). Et dans le Nouveau Testament : Luc 2 :36 : il y avait une prophétesse Anne. Apocalypse 2 :20 : Jézabel qui se dit prophétesse. G.R. : et ça me rappelle d’ailleurs que, dans l’histoire des Cévennes, de la période du Désert, de la guerre dite « des Camisards », il y avait beaucoup de prophétisme et très souvent exercé par des femmes. Pour poursuivre, j’ai une question à vous soumettre, à laquelle d’ailleurs, je n’ai pas compris grand-chose : Y a-t-il un rapport entre la prophétie des papes de Saint-Malachie et le troisième secret de Fatima ? G.S. : Y a-t-il un rapport ? Oui. Évidemment. Dans les deux cas c’est de la superstition de bas étage. G.R. : bon, je vois que vous ne prenez pas mes questions au sérieux. En voici une autre : Avez-vous entendu parler de la Prophétie Immémoriale, qui dit : « Après la pluie, viendra le beau temps » ? G.S. : c’est vraiment une importante révélation que vous nous signalez là. Elle n’est pas suffisamment connue alors qu’elle facilite énormément la vie de bien des gens. G.R. : plus sérieusement, si un prophète est un prédicateur qui parle de Dieu, et non quelqu’un qui prédit l’avenir, comment expliquer que la langue populaire le prenne dans ce deuxième sens ? D’autant qu’on lit dans les évangiles, Matthieu notamment, que Jésus a accompli les prophéties anciennes. Par exemple, on dit que les psaumes annonçaient la crucifixion de Jésus. G.S. : c’est le contraire. Ce sont les évangélistes qui ont raconté la mort du Christ en utilisant les textes de l’Ancien Testament. Par exemple en mettant dans la bouche de Jésus la phrase du Psaume 22 : « mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ». Ou en disant que les soldats se sont partagés ses vêtements, etc. Pour aller plus loin... Un prophète est quelqu’un qui parle de Dieu, tel qu’il l’a perçu, tel qu’il en a été imprégné, saisi. Il ne faut donc surtout pas voir les prophéties comme des signes de ce qui va se passer dans l’avenir, comme par exemple, dans ce texte de Matthieu : « Vous allez entendre parler de guerres proches ou lointaines. Attention, n’ayez pas peur ! Oui, tout cela doit arriver, mais ce ne sera pas encore la fin. Un peuple se battra contre un autre peuple, et un roi se battra contre un autre roi. Dans plusieurs régions, il y aura la famine et la terre tremblera. Tous ces événements seront comme les premières douleurs de l’accouchement. » D’aucuns y ont vu l’annonce … des guerres mondiales du XXe siècle, des tremblements de terre, etc. Mais bien sûr, les prophéties bibliques ne sont pas autre chose qu’une observation de l’actualité de l’époque. Il y a toujours eu des tremblements de terre, des éruptions volcaniques, des guerres… le caractère prophétique de la Bible n’est pas à retenir pour prédire les événements futurs. Il est d’ailleurs facile de comprendre que, pour parler de Dieu, les auteurs anciens ne pouvaient utiliser que les idées, le vocabulaire et les conceptions de leur époque ! Et nous faisons exactement la même chose aujourd’hui. Quant à l’idée selon laquelle les prophètes de l’Ancien Testament annonçaient la venue de Jésus, ses actes, sa vie et sa mort, il faut les considérer avec beaucoup de circonspection. S’agissant d’Ésaïe, par exemple, on lit ceci : « Un enfant est né pour nous, un fils nous est donné. Il a reçu l’autorité d’un roi. On lui donne pour nom : conseiller merveilleux, Dieu fort, Père pour toujours, Prince de la paix. Il étendra son autorité et assurera une paix sans fin. Il occupera le siège royal de David et dirigera son royaume. Il l’établira et le rendra solide en faisant respecter le droit et la justice, dès maintenant et pour toujours. Voilà ce que le Seigneur de l’univers fera à cause de son brûlant amour. » Certains, encore aujourd’hui, rapprochent ce texte de la venue de Jésus-Christ. Mais Ésaïe a parlé au VIIIe siècle avant JC ; huit siècles avant Jésus ! C’est faire un anachronisme considérable ! En réalité, Ésaïe entend redonner un peu d’espoir au roi d’Israël angoissé, et au peuple moralement abandonné. Il parle d’un personnage qui vient et qui va relever le moral de tout le monde. Un nouveau fils du roi ou un fils du prophète lui-même. Peu importe d’ailleurs, ce texte a été lu et relu tout au long des temps, remodelé, et a redonné espoir à toutes les générations, jusqu’à aujourd’hui. C’est cela un texte « inspiré ». Dire que ce texte annonce la venue de Jésus, c’est un anachronisme, car comment peut-on imaginer qu’un auteur ait écrit un texte qui n’aurait aucun sens pour les gens auxquels il s’adressait, et qui n’aurait de signification que 800 ans après, à une époque où tout le monde l’aurait oublié, ou du moins penserait qu’il est vraiment trop ancien ! Que dirions-nous aujourd’hui d’un texte écrit en l’an 1200 de notre ère, ou d’un texte qui annoncerait ce qui va se passer en 2800 ? Et aujourd’hui ? Y a-t-il des prophètes ? La réponse est « oui ». Pour ne parler que des plus grands et à part Martin Luther King, nombreux sont ceux qui sont saisis par exemple par les théologiens de la libération : Leonardo Bof : (franciscain) condamné en 1985 à 18 mois de silence pénitentiel. Quitte le sacerdoce en 1992. Archevêque Oscar Romero, du Salvador, assassiné le 24.3.1980 par les escadrons de la mort. Dom Helder Camara (né en 1910). Gustavo Gutierrez (né en 1930). Mgr Miguel Estéban, évêque en Argentine. Oui, aujourd’hui, contrairement à ce qu’on pourrait croire, plus que jamais il y a des prophètes.
D'autres liens Réflexions protestantes libérales Protestants dans la ville Accueil Contact

Site protestant libéral
Résister On Line