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L'Assemblée de 1911 Collection "Musée du Désert" www.museedudesert.com
l'Assemblée du Désert
Qu’est-ce que le Désert ? Période ainsi baptisée par rappel de l’errance dans le Sinaï des hébreux conduits par Moïse, après la sortie d’Egypte (-XIIIème siècle). Période pendant laquelle les protestants n’avaient officiellement : • pas de lieux de réunion • pas de lieux de culte • pas de mariages ni de baptêmes • pas d’état civil • pas de sépultures • pas de pasteurs • pas de bibles Pas de bibles : pour un protestant, c’est peut-être l’absence la plus dure, . . . Pour simplifier, période d’un siècle entre 1685 et 1789 ; mais en fait ces interdictions étaient déjà « de fait » avant la révocation. Histoire du Désert Passé le premier moment de terreur, au cours de laquelle eurent lieu de nombreuses abjurations, plusieurs attitudes se font jour, organisées autour du terme célèbre « résister » : • la lutte armée • la clandestinité • une fois qu’on était arrêté, la résistance passive, « granitique » La lutte armée, c’est la célèbre « guerre des Camisards », qui a duré environ deux ans dans les Cévennes, où 2 à 3 000 paysans ont tenu tête à une troupe qui a atteint 25 000 hommes au plus fort de la guerre. La clandestinité était d’abord pour les pasteurs, qui allaient de village en village, pour prêcher, pour célébrer les mariages et les baptêmes, certains gardaient avec eux des registres clandestins d’état civil, s’ils étaient pris, c’était la pendaison ou le bûcher. Les ustensiles du culte (coupes, chaires de prédication) étaient portables et démontables. Les fidèles, quant à eux, se chargeaient de cacher et de nourrir les clandestins, et assistaient de loin en loin aux « assemblées », dans des grottes, des fonds de vallées, des forêts. Deux éléments emblématiques de cette clandestinité : • les prophètes et prophétesses, personnalités qui se disaient « habitées » et qui prétendaient dialoguer directement avec Dieu, bien souvent au cours de transes d’où ils revenaient avec des messages divins qui incitaient surtout à la lutte armée • les châtaigniers, arbre qu’on trouvait en grand nombre dans les Cévennes, et qui fournissait les caches, et la nourriture Les personnes qui étaient arrêtées étaient punies de : • amendes allant jusqu’à la confiscation de leurs biens • emprisonnement, notamment pour les femmes • galères pour les hommes • couvent pour les enfants • sans compter toutes les peines corporelles s’il y avait eu violences (pendaison, bûcher, roue,…) Ces persécutions n’étaient pas entièrement du goût des populations et officiels catholiques et on a pu trouver des cas d’actions militaires plutôt « molles ». D’ailleurs, en 1697, eu lieu une enquête auprès des autorités locales pour savoir ce qu’avait donné la dureté de la répression et la majorité des évêques demandèrent qu’on ne forçât plus les protestants convertis à venir à la messe et qu’on supprimât le supplice de la claie. On cite aussi le cas du Prince de Bauvau, gouverneur du Languedoc sous Louis XV, qui fut horrifié par la détention des femmes dans la tour de Constance et qui les a libérées en 1767. Edit de Nantes : 1598 (édit de tolérance) Edit de Fontainebleau : 1685 (révocation) Déclaration royale (Louis XIV) : 1698 (arrêt des contraintes) Pour mémoire : Déclaration des droits de l’Homme :1789 Constitution de l’An III : 1795 Loi impériale : 1802 Loi de séparation : 1905 L’Assemblée du désert aujourd’hui L’Assemblée du Désert fête cette année son centenaire, 100 ans pendant lesquels les protestants ont foulé chaque année ce lieu de mémoire des Cévennes, cher aux différentes familles de protestants. Abritant le musée du Désert depuis 1910, le lieudit « Mas Soubeyran » sur la commune de Mialet, était déjà un lieu de mémoire bien avant cette date. A l’origine, cette maison était la maison natale du chef camisard Pierre Laporte (1680-1704), mais au XIXème siècle, elle recevait déjà des groupes de pasteurs réunis en synodes, des écoles du dimanche, ou des assemblées de l’Armée du Salut. Pourquoi à cet endroit ? La région a toujours été une terre de résistance et de refuge, jusqu’à une époque récente et encore aujourd’hui. Par exemple, le 6 septembre 1942 a eu lieu une Assemblée du Désert presque normale, avec quelques 3 000 participants et une soixantaine de pasteurs. Mais au cours de cette assemblée se produisent deux choses plus exceptionnelles : la première c’est que parmi les auditeurs protestants se trouvent quelques juifs, venus de Nîmes et de Marseille, dans des cars affrétés par les paroisses. Ceux-ci ont ensuite été disséminés et cachés dans des familles, et ont donc été sauvés. Le deuxième événement particulier de cette assemblée est que l’orateur était le pasteur Marc Boegner qui, dans ses allocutions, tout en parlant prudemment du Musée du Désert comme d’un lieu de résistance des camisards, annonce aussi, dans son sermon, qu’il faut avoir à l’égard des juifs la compassion du bon samaritain. Toujours par prudence, il ne dit pas qu’il faut cacher des juifs mais tout le monde comprend très bien. Et le soir, après l’Assemblée, il réunit les soixante pasteurs présents et leur explique que, ses démarches auprès des autorités françaises ayant été infructueuses, il faut maintenant aider les juifs sur le terrain de la clandestinité, ce que plusieurs des pasteurs présents avaient d’ailleurs déjà commencé à faire. Pourquoi les protestants tiennent-ils tant à ces Assemblées du Désert ? Et qui sont ces fidèles qui y viennent tous les ans ? Quelques phrases qui décrivent cette « ardente obligation » : « je ne vais rien chercher au Désert, c’est juste incontournable » « il y a une émotion intense à entendre l’assemblée chanter à l’unisson » Et plus prosaïquement, c’est l’occasion, pour des protestants qui sont souvent en comité restreint au culte du dimanche, de se retrouver en très grand nombre (près de 20 000 en cette année du centenaire). Que se passe-t-il à l’Assemblée du Désert ? Culte et conférences. Le culte protestant est, souvent mais pas toujours, organisé comme suit : • Invocation • Loi • Confession des péchés • Annonce du pardon • Lecture de la Bible • Prédication • Confession de foi • Prière d’intercession • Sainte Cène • Bénédiction et envoi

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