Télécharger Retour Apocalypse et fin du monde ...
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Non, l’apocalypse biblique ne désigne pas la fin du monde, ni une immense catastrophe ! Si ce terme est passé dans le langage courant pour désigner un désastre, qu’il soit d’origine humaine ou naturelle, c’est parce que des esprits anxieux se sont penchés sur le « Livre de l’Apocalypse », et ont eu du mal à comprendre ce style littéraire, dit « apocalyptique ». Ils n’en ont retenu que les descriptions de catastrophes. Aujourd’hui, on ne compte plus les annonces de fin du monde, d’apocalypse, répandues par des personnes qui se pensent « initiées » et qui font de savants calculs pour en déterminer la date exacte.
Dialogues G.S. : pour une fois, c’est moi qui vais poser une question : pour vous, apocalypse signifie-t-il « fin du monde » ? G.R. : quand même pas ! Je sais bien que « apocalypse » signifie « révélation » ! D’ailleurs, j’ai eu l’occasion d’ouvrir une Bible anglaise et ce livre y est appelé « revelation » en anglais. Maintenant, quant à savoir pourquoi, aujourd’hui, on lui donne le sens de catastrophe, cela me paraît un peu nébuleux. J’imagine que c’est juste parce qu’on ne comprend pas bien, de nos jours, ce texte un peu ésotérique, et qu’on n’en retient alors que la description des destructions, chutes d’étoiles, incendies, etc. Entre parenthèses, ces descriptions sont criantes de vérité ! G.S. : l’auteur peut s’être inspiré de plusieurs catastrophes ; la catastrophe la plus souvent citée est l’incendie de Rome en 64, mais on trouve aussi pas mal de similitudes avec la destruction de Pompéi en 79, lors de l’éruption du Vésuve. G.R. : pourquoi est-ce si difficile de comprendre ce livre ? G.S. : l’Apocalypse est écrit dans un style très spécial, caractéristique – dans le monde juif – de cette période du Ier siècle avant JC, jusqu’au Ier siècle après JC. Il y a beaucoup d’emphase et de superlatifs, et des images fantastiques. On trouve d’ailleurs, dans les trois évangiles synoptiques, Marc, Matthieu et Luc, un grand chapitre dans le style apocalyptique1. Mais bien sûr, aujourd’hui, il nous est difficile de nous frayer un chemin parmi toutes ces allégories. G.R. : pourtant, ces textes sont pris très au sérieux par ceux qui annoncent régulièrement la prochaine fin du monde ; de nombreux auteurs ont fait, et font encore, des calculs très savants à partir de l’Apocalypse pour en « prédire » la date. Après qu’il ne se soit finalement rien passé le 21 décembre 2012 ( Au cours de l’année 2012, beaucoup de gens crédules ont été perturbés par l’annonce, répercutée abondamment dans les médias, que la fin du monde était prévue pour le 21 décembre 2012. Apparemment, il ne s’est rien produit de spécial ce jour-là ! ), les prochaines « échéances finales » sont pour 2027, paraît-il. G.S. : en parlant de fin du monde, avez-vous une idée du temps que certains peuvent passer à se demander quand aura lieu la fin du monde, à faire des décomptes savants du nombre de « semaines annuelles », ou du nombre de papes avant ce fameux dernier jour ? G.R. : non, mais j’ai relevé une question qui décrit bien ce que vous dites : L’Éclipse de soleil qui vient de se produire au pôle Nord est-elle le signe de la fin du monde ? Question à laquelle un internaute un peu compliqué répond : " Le système cyclique du calendrier Maya ou mésoaméricain comprend 5 ères ou « Soleils » de 1040 ans chacun. Un « Soleil Maya » = 1040 x 365 jours = 650 révolutions synodiques de Vénus = 52 x 20 ans ou 3 276 révolutions synodiques de Mercure = 1460 x 260 jours (1/3 de la révolution synodique de Mars). Fin du quatrième « soleil » : 987 de notre ère, date reconnue par tous les historiens sans exception. Milieu d’un cycle de 1040 ans : 1040 ans / 2 = 520 ans. « Feux nouveaux » pour célébrer le milieu du « quatrième soleil » par les Aztèques : 987 de notre ère + 520 ans = 1507 de notre ère (1507 de notre ère = date universellement reconnue). Fin du quatrième « soleil » Aztèque » : 1507 de notre ère + 520 ans (qui restent sur 1040 ans) = 2027 de notre ère. 987 de notre ère + 1040 ans = 2027 de notre ère (et non 2012). Dates du cinquième « soleil » : 987 à 2027 de notre ère. Etc. etc. " G.S. : oui, je me souviens de cette question et de l’exposé interminable qui en est résulté. Je me rappelle aussi que j’avais dit en plaisantant que « Oui, c’était presque une certitude » ! Il n’empêche que, pendant qu’on scrute les textes à la recherche d’une prédiction qui ne s’y trouve d’ailleurs pas, on ne se préoccupe pas de rendre meilleur ce monde où nous vivons, réellement et aujourd’hui. Pour aller plus loin... Replaçons d’abord le livre de l’Apocalypse dans son contexte : ce livre, qu’on appelle en général « L’Apocalypse de Jean » a été écrit – au moins certains de ses passages les plus importants – par un « voyant » nommé Jean, prisonnier dans un camp de travail forcé de l’ile de Patmos, en une période où les Romains persécutaient les chrétiens (peut-être les persécutions de Domitien). Ce visionnaire est dans l’ile de Patmos, où il y avait des mines de cuivre et sans doute un bagne. Il y était peut-être prisonnier et maltraité pour cause de religion. Le jour de Pâques (il le dit), misérable bagnard sous le fouet de ses gardiens, il a une vision fantastique de l’avenir, qui ne saurait manquer de provoquer prochainement le grand retournement de situation : la lutte de l’Agneau – c’est-à-dire le Christ – contre la Bête, la « lutte finale » des forces du Mal de l’Empire, symbolisées par les « Bêtes » (dragons), la ville de « Babylone » (représentant évidemment Rome), etc. et les forces de Salut symbolisées par l’Agneau. Et naturellement la victoire de Dieu. Il écrit cela dans le style courant à l’époque dans les milieux juifs, le style dit « apocalyptique ». Ce style était tellement utilisé que les trois premiers évangiles (Marc, Matthieu, Luc) ont vers la fin de leur texte un grand discours « apocalyptique » de Jésus, où l’on voit les étoiles tomber du ciel sur la terre etc. Il reprend des symboles que nous avons de la peine à décrypter aujourd’hui. Évidemment tout ceci est symbolique : non seulement César est la Bête, mais Rome est Babylone, etc. L’impact a certainement été de donner du courage aux malheureux chrétiens persécutés, en leur disant que l’empereur n’était qu’une Bête, puissante et magnifique certes, mais qui serait vaincue par l’Agneau. Aucun rapport naturellement avec aujourd’hui. Les auteurs de la Bible écrivaient pour leurs contemporains, et non pas pour un lointain avenir dont ils n’avaient pas la moindre idée. Tous ceux qui, aujourd’hui, identifient la Bête avec Hitler ou avec le pape, sont dans leurs délires et pas dans une exégèse rigoureuse ! Car, effectivement, aujourd’hui, on voit toutes sortes d’écrits autour de ces « fantasmes », notamment tout un raisonnement autour du chiffre 666. Ce « chiffre de la bête » est mentionné dans l’Apocalypse : Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six. Il y a évidemment beaucoup de spéculations sur ce symbole dont nous n’avons plus la clé. Des interprètes, encore aujourd’hui, trouvent dans ces trois 6 l’indication d’un triple effort manqué pour atteindre à 7, le nombre de la perfection. D’après eux, ce chiffre caractériserait la Bête dans sa vaine tentative pour s’élever à la hauteur de Dieu. Mais l’auteur du texte nous dit que ce n’est pas le sens qu’il a voulu mettre dans ce nombre mystérieux, sans en dire davantage. Finalement, l’explication la plus proche de la mentalité de l’époque serait plutôt de calculer la « valeur » des lettres du nom de tel ou tel homme. En effet, un art pratiqué surtout par les Juifs, adonnés aux recherches de la cabale, s’appliquait à représenter un nom par un nombre égal à la somme de ses lettres. Ni les Hébreux ni les Grecs n’avaient de chiffres, les lettres de leurs alphabets leur en tenaient lieu. Chacune représentait un nombre. En additionnant les lettres d’un nom selon leur valeur numérique, on arrivait à un total qui figurait ce nom. L’énigme à déchiffrer consistait alors à décomposer le chiffre de manière à retrouver les lettres du nom. De cette façon, si on écrit en hébreu « Néron César », on obtient 666. Si l’on écrit en grec (la langue du Nouveau Testament) « César Dieu » on obtient 616 ce qui est précisément la version que donnent certains manuscrits (616 au lieu de 666). Cette variante de manuscrits est un argument pour dire que cette hypothèse est la bonne. De toutes façons, à la lecture de la Bible, il ne faut jamais perdre le repère historique. Voyons la question ci–après : Que représente « Babylone la Grande » citée dans l’Apocalypse ? La réponse admise généralement est que cette appellation désigne la Rome impériale persécutrice (Néron ou Domitien). Mais l’internaute qui pose la question, la complète en disant, avec un peu d’agacement : "Ce n’est pas la ville de Rome, car Rome ne domine plus le Monde à elle toute seule comme c’était le cas sous l’Empire Romain." Cela montre que cet internaute essaie de voir le texte de l’Apocalypse avec des yeux d’aujourd’hui, en considérant la situation géopolitique d’aujourd’hui, les événements mondiaux d’aujourd’hui, etc. On a de nombreux exemples d’anachronismes dans des commentaires de la Bible – et y compris dans la Bible elle-même ! En voici un autre exemple : Dans la Bible, est-il écrit que la fin du monde sera pour 2012 ? Cette question était posée au cours de l’année 2012, bien sûr, et se positionne aussi dans une vision magique de la Bible, comme si Dieu lui-même l’avait écrite et y donnait des clés valables en tous temps et en tous lieux. Or, la fin de la Terre est prévue dans environ 5 milliards d’années et, à supposer que cette date de 2012 ait été écrite dans la Bible, cela aurait signifié que l’auteur biblique aurait écrit un renseignement qui n’aurait eu aucun intérêt, ni pour lui-même, ni pour pour qui que ce soit, pendant 2 000 ou 2 500 ans ! Les Témoins de Jéhovah, quant à eux, sont tout à fait dans une posture apocalyptique, en annonçant de façon permanente que l’humanité vit ses derniers instants, que Jésus va bientôt revenir, que la « Nouvelle Jérusalem » adviendra et que très peu – 144 000 seulement – seront sauvés. De plus, l’Apocalypse cite « les 7 Églises auxquelles Dieu s’est adressé », pour leur indiquer leurs bonnes actions mais aussi leurs faiblesses et les points qu’elles doivent améliorer. Eh bien, la Tour de Garde (Watch Tower en anglais), revue des Témoins de Jéhovah, est curieusement citée comme étant justement une des 7 Églises en question. Or les 7 Églises de l’Apocalypse sont en réalité sept villes de l’actuelle Turquie et n’ont donc aucun rapport avec les témoins de Jéhovah !
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